| ← | Le K barré (Ꝃ) |
Mais qu’est-ce ce K barré que je trouve fréquemment dans les actes d’état civil (noms de familles et noms de lieux) ?
Voici ce qu’en dit Wikipédia :
Ker est un appellatif toponymique breton utilisé le plus souvent comme premier élément d’un toponyme. Il désigne un lieu habité, un domaine, un hameau.
Il est également courant dans les patronymes bretons.
Cet élément est très répandu dans la toponymie bretonne et existe sous deux formes phonétiques différentes : Ker- à l’ouest et Car- à l’est et au sud de la Bretagne.
Ker peut être abrégé par un « K barré », un K comportant une petite barre placée perpendiculairement à la base de la dernière jambe finale du K : Ꝃ. Comme ce K barré n’est pas toujours disponible, il est retranscrit en « K/ » ou en « K’ ».
Cet élément de toponyme remonte au vieux breton caer « endroit fortifié, citadelle, forteresse », semblable au gallois caer de même sens. Ils sont tous deux issus du brittonique *kagr- « endroit clos », sur la base d’un thème celtique commun *kagh « contenir, fermer ». L’ancien breton cai « rempart », breton moderne kae « haie » reposent sur la même racine, ainsi que les mots français quai et chai, du gaulois caio(n), d’un plus ancien *kagion.
Après avoir d’abord désigné un lieu défensif, comme c’est toujours le cas en gallois (cf. Car- dans Cardiff, de l’ancien gallois caer), le terme prend le sens d’exploitation rurale et d’endroit habité à partir duXe siècle, alors que fleurissent partout les noms en Kêr-.
En breton moderne, le substantif kêr a plusieurs significations : « ville, village, villa » (anciennement « habitat fortifié », et « cité »), parfois « (le) chez soi, intérieur (ou home). » Par contre, la maison en tant que bâtisse se dit ti en breton.
En Haute-Bretagne, ce préfixe peut aussi être noté sous les formes Quer-, Guer- ou Car-. Parmi les formes anciennes et les variantes, on trouve : Kaer, Caer, Car est une forme contractée de Caer (en Bretagne de parler roman), homophone de kar ou kaer qui signifie aussi « beau » en breton. Il existe 18 250 noms de lieux formés à partir de cet appellatif toponymique préfixé en Bretagne.
Qu’en est-il dans ma généalogie ?
L’écriture dans les actes des
François Ottart, curé du Tréhou vers 1730, emploie systématiquement le K’ au lieu du Ker tandis que Messire de Kermabon, prêtre au Tréhou vers 1730 aussi, préfère le Ꝃ.
Yves Kerneis, en 1740, signe Kneis sans barré ni apostrophe !
De même, Guillaume Kerhoas, meunier, signe KHOAS en 1813.
Gabriel Le Sanquer, maire du Tréhou au début du
Dans l’acte de naissance de Jeanne Kerneis en 1804 à Tréflévenez les noms en Ker sont tous orthographiés avec le Ꝃ (Ꝃneis, Ꝃézélec, Ꝃbrat, Ꝃsourric).
Mais dans son acte de décès au Tréhou, Jeanne s’appelle Quernéis avec un "Quer" ! Sa mère Kerbrat a le droit au Ꝃ et Louis, son frère, est écrit ꝂQuernéis où le Ꝃ et le Q se chevauchent !
Le 28 avril 1828...
Acte de décès de Jeanne Quernéis...
fille de Joseph Querneis et de Marie Ꝃbrat...
sur la déclaration de Louis ꝂQuernéis...
Dans ma famille, l’utilisation du Ꝃ s’arrête vers 1890.
Ce n’est pas le cas partout. On trouve encore, aujourd’hui en France et à l’étranger, quelques patronymes avec un K/.
Pour en savoir plus sur cette lettre "interdite", le livre de Yann Riou et Jacques André vous dit tout !
| →→ 1789 : Éboulement dans la carrière du Mougau à Commana. →→ |