| École de Saint-Éloy | Commune de Plouigneau |
Vers 1880, la commune de Plouigneau a une superficie d’environ 65 km², c’est donc une commune de grande taille. En effet, à cette période une commune finistérienne a une superficie moyenne de 24 km².
Elle compte 3 541 habitants en 1931. 2 864 habitent la campagne, soit plus de 80 % de la population.
De très nombreux hameaux sont éloignés de plus de 3 kilomètres du bourg. Cette distance impacte fortement la présence des enfants à l’école (mauvais temps, chemins impraticables...).
Aussi, vers 1880, deux écoles de hameaux sont créées :
– une au nord de la commune, Lanleya
– une au sud, Saint-Éloy
Une troisième création d’école est envisagée par le conseil municipal en 1882. Le lieu choisi, les Forges Neuves, est situé à l’ouest de la commune.
Le projet n’aboutit pas mais est repris en 1932.
• 15 juin 1882 : un rapport de l’architecte, Théophile Nédélec, indique que le projet est déjà en cours. Le coût est estimé à 19 000 F hors prix du terrain.
• 1er juillet 1882 : l’inspecteur d’académie, Auguste Dreux, établi un rapport sur la nécessité de créer deux écoles de hameaux, une à Saint-Éloy et l’autre à Lanleya.
Chacune de ces sections a une population maximum de 640 habitants. Le nombre des enfants est de 108, 52 filles et 56 garçons à Saint-Éloy ; de 50 filles et 51 garçons à Lanleya.
Il y a déjà dans cette dernière section une école de garçons assez bien installée et suffisante ; mais les filles n’ont pas d’école et ne peuvent faire 5 kilomètres chaque jour pour aller à Plouigneau. Aussi n’y a-t-il que les enfants des cultivateurs aisés qui apprennent un peu à lire et écrire. Le reste demeure forcément dans la plus regrettable ignorance.
La création de ces deux écoles est donc urgente.
• 28 octobre 1882 : le projet est approuvé par le ministère.
• 30 septembre 1883 : acte de vente du terrain :
13 ares prises dans les parcelles D1212 et D1213 dite Liors ar Groas. Elles appartiennent à Olivier Le Gall et sa femme Marie Le Foll de Plouigneau. Le prix est de 900 F.
• 19 novembre 1883 : adjudication des travaux pour les deux écoles (Saint-Éloy et Lanleya).
| Soumissionnaires | Rabais |
|---|---|
| François Lénoret | 4 % |
| Denis Le Jean | 9 % |
| Louis Eugène | 5 % |
| Guédon Frères | 6 % |
L’entreprise Denis Le Jean remporte le marché.
L’école ouvre en août 1884.
Le Relevé Général des Constructions Scolaires, établi pour la période de 1878 à 1885, indique le coût de l’école et les subventions accordées.
| Décision du | 28/10/1882 |
| Montant du projet | 34 000,00 F |
| Financement | |
| par la commune (Caisse des écoles) | 0,00 F |
| par la commune (autres ressources) | 0,00 F |
| par le département | 0,00 F |
| subventions de l’État | 34 000,00 F |
| Coût réel | 34 000,00 F |
L’école ouvre en août 1884.
| en 1886 | en mai 1888 | |
| Nombre de classes | 5 | 5 |
| Nombre de places | ? | 270 |
| Nombre d’élèves | 180 | 173 |
| Le nombre de classes, de places est à répartir entre les deux écoles de hameaux (Lanleya et Saint-Éloi). | ||
• Ferdinand Charles Pellerin est né le 13 décembre 1859 au Havre (76). Il enseigne à Roscoff (Santec) [2] et le 29 août 1884, à 25 ans et à sa demande, il est nommé instituteur public à l’école de Saint-Éloi. En 1890, il est nommé à Mespaul.
• Rosalie Kerharo est née le 24 décembre 1863 au Ponthou. Elle obtient son Certificat d’Aptitude Pédagogique le 5 mars 1884. Le 29 octobre 1884, à 21 ans, elle est nommée institutrice publique à l’école de Saint-Éloi. En 1890, elle est nommée à Lannéanou.
Nous ne connaissons pas la date de fermeture de l’école.
Le bâtiment a été détruit et remplacé par une nouvelle construction. Il ne reste que les murs de clôture de l’école.
[1] Au
Gallica /BnF, loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), tableau des départements et des arrondissements communaux de la République Française.
L’arrondissement de Quimperlé est supprimé le 10 septembre 1926 et est rattaché à celui de Quimper.
[2] Gallica.bnf.fr / BnF, le hameau de Santec dépendait des communes de Roscoff et Saint-Pol-de-Léon. Il est érigé en commune le 6 août 1920.