Les écoles de hameaux du Finistère

École de CoataudonCommune de Guipavas

 
Deux programmes importants de construction d’écoles de hameaux sont lancés à la fin du XIXe siècle dans le Finistère : le premier dans l’arrondissement de Quimperlé [1], suivi quelques mois plus tard d’un second dans les quatre autres arrondissements du département.
Quimperlé, choisi par le ministère de l’Instruction comme zone test, bénéficie d’une prise en charge totale de 18 écoles de hameaux.
Un budget de 900 000 F, alloué aux autres arrondissements, permet la construction de 49 écoles.

Pour en savoir plus sur ces deux programmes, c’est par ici !

L’école décrite ci-dessous entre dans le cadre de ces programmes.

 

➥ La construction

Le Relevé Général des Constructions Scolaires, établi pour la période de 1878 à 1885, indique le coût de l’école et les subventions accordées.

Décision du31/07/1883
Montant du projet109 684,99 F
Financement
par la commune (Caisse des écoles)31 000,00 F
par la commune (autres ressources)0,00 F
par le département1 279,00 F
subventions de l’État68 500,00 F
Coût réel100 779,00 F
Archives départementales du Finistère, 1 T 109, Relevé Général des Constructions Scolaires (1er juin 1878 - 20 juin 1885).

 
Ces montants cumulent les sommes investies dans les trois écoles de hameaux de la commune de Guipavas : Coataudon, Kerafloc’h et Le Relecq [2]. Sur plusieurs documents de la série 1 T 45, on note que sur la subvention d’État dédiée au programme des 50 écoles de hameaux, 34 860 francs ont été attribués pour Coataudon et Kerafloc’h.
À cette époque, Le Relecq est un hameau de la commune de Guipavas. Une école y existe depuis de nombreuses années et ne fait financièrement pas partie du projet de constructions de 1882. Le Relevé Général des Constructions Scolaires prenant également en compte les dépenses sur des bâtiments existants, les sommes engagées sur Guipavas pour ces trois écoles se sont trouvées ainsi globalisées.
En 1888, on dénombre sur les trois groupes scolaires huit instituteurs : deux à Coataudon, deux à Kerafloc’h et quatre au Relecq.

➥ Les élèves

L’école ouvre en septembre 1886.

en 1886en mai 1888
Nombre de classes88
Nombre de places ?312
Nombre d’élèves ?707
Le nombre de classes et de places est à répartir entre les trois écoles de hameaux (Coataudon, Kerafloc’h et Le Relecq [1]).

➥ Les premiers instituteurs

L’ouverture de l’école de Coataudon est faite par un couple d’instituteurs : M. et Mme Gandon.

• Louis Martial Gandon est né le 31 décembre 1862 à Brest. Il obtient son Certificat d’Aptitude Pédagogique le 20 juillet 1882. Précédemment en poste à l’école de hameau de Trézien à Plouarzel, il est nommé le 26 août 1886, à 24 ans, instituteur public à l’école de Coataudon. Il y reste jusqu’à la retraite.

• Amélie Marie Anna Gandon (née Dauzat) est née le 29 juillet 1860 à Lambézellec. Précédemment en poste à l’école de hameau de Trézien à Plouarzel, elle est nommée le 26 août 1886, à 26 ans, institutrice publique à l’école de Coataudon. Elle y décède le 16 janvier 1918.

➥ En 1948

Le site "Remonter le temps" de l’IGN permet de visualiser les lieux en 1948. Au centre de l’image, on aperçoit l’école.
 
Et ci-dessous, voici la vue aérienne avec quelques indications.

Plan réalisé à l’aide des photographies de l’IGN. © Bernard Kerneis.

➥ Aujourd’hui

Le journal mensuel de Guipavas n° 16 de février 2017 [3] nous apprend que l’école de Coataudon est désaffectée en 1978 et qu’elle est transformée en logements en 2005. Elle est remplacée par de nouveaux bâtiments qui prennent le nom de Groupe scolaire Maurice Hénensal. À la rentrée 2018/2019, cette école accueille 272 élèves [4].
 

École de Coataudon, commune de Guipavas. Cliché 2019 © Bernard Kerneis.

➥ Un instituteur à Coataudon

Maurice Hénensal, marin, instituteur, poète et auteur d’un journal qu’il a tenu lors du siège de Brest alors qu’il était en poste à l’école de Coataudon...
 
Maurice Hénensal et sa femme Rosalie sont instituteurs à Coataudon pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans notre rubrique "Quelques instituteurs", vous trouverez quelques informations sur ce couple.

Maurice Hénensal, Dans l’enfer Brestois, Les abers - Hénensal.



[1Au XIXe siècle, le Finistère comprend 5 arrondissements : Brest, Châteaulin, Morlaix, Quimper et Quimperlé.
Gallica /BnF, loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), tableau des départements et des arrondissements communaux de la République Française.
L’arrondissement de Quimperlé est supprimé le 10 septembre 1926 et est rattaché à celui de Quimper.

[2Gallica.bnf.fr / BnF, JO du 8 avril 1896, Le Relecq-Kerhuon est une commune à part entière depuis le 30 mars 1896.

[3Guipavas, le mensuel, n° 16, février 2017.




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Dernière modification le 29 novembre 2025.